mardi 27 janvier 2015

périphéries #17

 
Le soleil qui me mange tout le visage par la vitre du train. Des formes oranges et roses palpitent sous les paupières fermées, la presque chaleur qui rayonne doucement. Peut-être bien que c'est cette histoire de soleil, le problème, même si j'ai trouvé ça stupide quand il l'a dit – comme si je ne pouvais pas être triste pour autre chose que la saison, comme si il n'y avait pas de raison d'être triste.

Mais je nettoie le petit appartement en déplaçant les choses sans vraiment ranger, retournée à l'idée qu'il faudra mettre les livres dans des sacs – encore.
Démonter le canapé-lit, encore, entasser les dinosaures en plastiques et les classeurs, encore.
Je regarde la pièce dans laquelle j'ai vécu juste le temps de m'y faire, le temps d'aimer ça, je pense à tout ce que je projetais en m'installant et que j'ai jamais fait – jamais mis d'herbe synthétique sur les rebords de fenêtre, jamais installé une table de jardin dans la cour.
(quand ma banquière me parle de PEL, je déconnecte, tu m'étonnes)
Mes plantes sont toutes mortes pendant les longues absences où j'étais même pas capable de m'occuper de moi, fanées de manque de lumière directe, on est pareilles, faut croire.

La nausée calée dans la gorge, et des bons moments aussi, mais si je ne dors pas, les larmes hyper facilement, cry me a river et tout l'bordel, pendant des heures, impossible de s'arrêter, dans les bras de maman.

Quand je pense à cette ville qui aurait pu m'adopter si j'avais été capable de tenir le coup – mais je sais que je pouvais pas ; quand je pense à ces jours de soleil mi-septembre au tout début quand ça ressemblait à un nouveau départ... avec les cris des mouettes, et la mer, et tout.
Mais maintenant, je n'irai pas au phare, je n'explorerai pas les hangars désaffectés, je ne me baladerai pas sur le port en t-shirt.
Maintenant, je ne saurai jamais comment c'est le mois de juin, ici.

Ensoleillé, je parie.