dimanche 23 décembre 2012

périphéries #0




Noël s'obstine à revenir chaque année, probablement pour faire de la peine à tout le monde.

Je pense parfois à mon arrière-grand-mère, assise sur son fauteuil chez ma grand-mère - ce fauteuil avec des clous de tapissier et tendu de tissu passé - et elle, toute courbée sur son grand âge avec ce chignon argenté qui devait contenir des cheveux vraiment très longs et ses mains. Moi je l'ai jamais connue autrement que comme ça, grise, courbée et souriante et avec ces mains-là, déformées et tordues (parfois je fais ce geste qu'elle faisait souvent en écoutant, cette façon très particulière de placer ses doigts sur son visage). J'ignore si elle était gauchère ou droitière. Je me souviens bien de la photo de son mariage, par contre, du noir et blanc dentelé lointain 
du jour où on a vidé sa maison, ces étages poussiéreux, les grandes armoires, les lits immenses et toutes ces petites boites vertes et blanches ma mère n'a pas pleuré.
Je me souviens un peu de Rose, mais surtout de cette histoire qu'elle m'avait lue, quelques années sûrement avant de partir, l'histoire dans un magazine d'un garçon qui attrapait des oiseaux blessés pour les mettre dans des cages ;