Noël s'obstine à revenir chaque
année, probablement pour faire de la peine à tout le monde.
Je pense parfois à mon arrière-grand-mère, assise sur son fauteuil chez ma grand-mère - ce fauteuil avec des clous de tapissier et tendu de
tissu passé - et elle, toute courbée sur son grand âge avec ce
chignon argenté qui devait contenir des cheveux vraiment très longs et ses
mains. Moi je l'ai jamais connue autrement que comme ça, grise,
courbée et souriante et avec ces mains-là, déformées et tordues
(parfois je fais ce geste qu'elle faisait souvent en écoutant, cette
façon très particulière de placer ses doigts sur son visage). J'ignore si elle était gauchère ou
droitière. Je me souviens bien de la photo de son mariage, par
contre, du noir et blanc dentelé lointain
du jour où on a
vidé sa maison, ces étages poussiéreux, les grandes armoires, les
lits immenses et toutes ces petites boites vertes et blanches ma mère
n'a pas pleuré.
Je me souviens un peu de Rose, mais surtout de cette histoire qu'elle m'avait lue, quelques
années sûrement avant de partir, l'histoire dans un magazine d'un
garçon qui attrapait des oiseaux blessés pour les mettre dans des
cages ;