mercredi 7 septembre 2016

Notes #11


2016.

Avril

Au marché des Capucins, un homme porte une grande pancarte où l'on peut lire : S'UNIR CONTRE LA VENTE D'ORGANES VOLÉS EN CHINE.

Bordeaux, dans la rue. Un homme, la cinquantaine, en costume gris, porte une cravate Nyan Cat.


Mai

Bordeaux, à Grand Théâtre. Beaucoup de passage. Une femme, la cinquantaine, hyper bourgeoise, collier de perles, robe noire, veste blanche en fourrure, escarpins vernis, et sur la cheville gauche, à travers ses bas noirs semi-transparents, un petit tatouage de dragon tribal qui a bien 20 ans.

Entendu : « elle avait une soeur qui était aussi scolarisée à Sainte-Marie »

Il dit : « Je suis pas conspirationniste, mais.. »

Bordeaux, dans la rue. Deux jeunes femmes qui parlent d'un casting, ou d'un entretien. L'une dit  « Ça me donne envie de pleurer. Tu veux dire que si t'y va avec ton afro, t'es recalée ?» ; l'autre répond : «Tu sais ce qu'il y avait écrit dans les commentaires ? Cheveux ébouriffés ».


Juin

«Tiens, une Triumph... C'est la moto que j'aurai quand j'aurai plus d'enfants à charge.»

Bordeaux, dans le bus. Un père un peu décalé dit à sa fille de 4 ou 5 ans, sur un ton doux cependant : «Dis-toi bien que c'est pas facile de te porter toi et les sacs !... Papa il est cassé, là. Les autres papas ils font pas ça !»

En bus. Un type debout dans un champ, un daim, deux panneaux «utilisez votre frein moteur» également traduit en allemand.

Sur un mur à Lyon, en grandes lettres rouges : J'AIME LES ROUSSES !


Juillet

6h du matin. En ouvrant mon velux, je vois quelqu'un monter sur un toit plus loin. Il s'enroule dans la couverture qu'il a apportée. J'imagine qu'il pleure. Il roule finalement sur le côté et s'endort sur place. Il y reste plusieurs heures.

Août

L'été ne me fait pas grand-chose, cette année.

C'était encore un de ces types qui baisent comme si t'étais pas là, mais qui après avoir joui sont mélancoliques.