samedi 5 octobre 2013

périphéries #12



La ligne de tram - je marche vite, le pas énervé, une vitrine brisée et vaste je ne m'arrête pas une cour entre quatre murs où un homme boxe dans le vide
le mur blanc écaillé dessine la silhouette des toits, des rues aux murs vides, pleins, aux encadrements de fenêtres absentes, portes murées, scellées, avec derrière juste des pièces vides je le sais
on risque de se couper sur le verre un ancien garage, sombre, la poussière et le sol rayé de lumière pâle,
aux fenêtres des draps qui sèchent, roses, rouges et blanc, des plantes qui essaient de s'enfuir, et le vide toujours qui me dit viens derrière les volets jamais fermés derrière les panneaux début de travaux, sous les balcons en pierre sculptée, je regarde les murs râpés, les restes d'affiches, les petits pochoirs, les trous béants des travaux au pied de la grue, les phrases définitives gravées
Le grand air sur les quais, une fille à la nuque rasée et l'ombre chinoise des chiots qui jouent sur la promenade en bois le bruit de la caisse en bois qu'on frappe - un homme chante faux, encore un qu'on retrouvera dans la Garonne,
et au loin, l'orchestre.
(Le conservatoire - un banc sur les quais - le wagon au fond de la gare - le terminus du tram B - un petit bar miteux - le jardin public - un pub irlandais - la maison au papier peint à fleurs la fac la nuit une fenêtre au plafond une partie de billard) Il fait noir maintenant, combien cette ville est chez moi, désormais, combien je pense fort en passant devant l'église à cette personne, à ce moment, à cette odeur.
Tout ce que je ressens et ai jamais ressenti passé à la loupe au pied d'un immeuble désaffecté - et le mois de décembre 2010 qui se rappelle à mon bon souvenir.