mercredi 19 décembre 2012

les phares


Les phares et les lueurs défilent je comprends quand on dit avaler des kilomètres, l'expression je veux dire, c'est exactement ça au final la voiture qui déchire l'obscurité et avale l'asphalte à 135 kilomètres-heure sous nous – asphalte est un mot délicieux et nous allons au-dessus de la limitation de vitesse. Il a allumé – et fume – un pétard tout en conduisant au départ je pense à lui faire la remarque il y a un bébé la mère de son bébé et deux chiens à l'arrière et moi et toute cette pluie. Finalement je m'en fous. Il ne conduit pas si mal le bébé d'une voix endormie et la radio qui crépite disent des choses et ensuite la nuit confortable et les phares encore flous dans la bruine, lointains qui fusent qui entrent et ressortent de mon champ de vision -
Je m'enfonce plus profondément dans le siège passager dans l'odeur douce de l'herbe et de la voiture d'une famille inconnue. Je laisse les lumières devenir abstraites danser rouge-jaune-rouge-rouge-jaune-blanche-bleue-nuit et faire des filaments de fatigue dans mes yeux d'astigmate. J'espère qu'il n'est pas en train de s'endormir au volant ils sont si gentils lui surtout bien qu'il ne dise presque rien surement pour ça en réalité et il faut forcer la compil trois fois dans l'autoradio pour que les chansons envahissent l'espace tout doucement.
Comme tout est calme, flotter dans le vide intense et traversé de lueurs, de poids lourds, de voitures, dessous la route noire dessus le ciel tout plein d'étoiles, qui fait un dôme sur le rythme parfait d'autres espaces avec, peut-être,
la respiration tiède d'un bébé endormi à l'arrière.